L’alcool 2/3


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Les paroles, les ouvrages de professeurs décrivent parfaitement ce qu’aucun enseignant de faculté ne daigne aborder à savoir :

 

– La subtilité de la relation de soin

– Les constantes interférences entre les souffrances dévoilées par les malades alcoolo-dépendant et les sentiments refoulés par les soignants.

– Etre le spécialiste de cette dépendance c’est comprendre que la douleur physique se noie dans la souffrance psychique et que le cerveau dit à son corps «arrête, je t’en prie, on va mourir » 

– Lorsque le médecin généraliste s’occupe d’un malade alcoolique, il s’éloigne du raisonnement médical. Il peut alors très vite avoir l’impression d’être perdu et souhaite passer ce malade à un collègue plus qualifié avant de se lancer dans un bilan inutile et onéreux.

–  Le savoir faire du médecin généraliste sous entend faire reculer la mort : l’alcoolique lui va lui opposer son défi de boire, de jouir de son ivresse pour éviter d’être confronté à un vide plus intolérable que cette idée de mort.

–  En général, le patient ne vient pas consulter son médecin traitant pour un problème d’alcool, les motifs de la consultation sont  variés, souvent ils sont des plaintes banales, non spécifiques mais dont l’association doit éveiller l’attention du praticien : nervosité, irritabilité, fatigabilité, trouble du sommeil, difficulté de concentration, nausées, vomissements, douleurs abdominales.

–  L’examen clinique est souvent pauvre : tremblements, conjonctivite, tension artérielle un peu élevée.

–  Le visu peut être plus parlant : laisser aller, visage congestionné, haleine, comportement exubérant.

–  Les résultats biologiques (volume globulaire moyen) peuvent inciter le médecin à aborder le problème alcool.

Tous ces éléments forment un faisceau d’arguments évocateur de mésusage d’alcool.

Pourtant trop rare est encore l’évocation de cette consommation au cours de la consultation.

 

Pourquoi est- il difficile de parler d’alcool avec un médecin généraliste ?

–      C’est une intrusion dans la vie privée.

–      Le médecin attend des signes cliniques il attend une demande du patient.

–      Par manque de temps, suivi difficile, n’a pas une connaissance, une méthode et les outils adaptés. Manque de confiance envers cette maladie bio-psycho-sociale.

–      Le médecin peut être consommateur.

 

Modèle médical traditionnel de la première consultation en addictologie

     « Le médecin prend en charge »

 

Une maladie du comportement,

Le patient n’est pas libre de décider

Le soignant dit ce qu’il faut faire

Utilise la peur pour motiver

S’appuie sur la prescription

 

Dans ce modèle c’est :   « Montez, on vous conduit ».

 

Modèle de motivation patient – référent Soif de vie 47

La première rencontre

 

Le premier rendez vous peut se faire au domicile du demandeur

Souvent le consultant est attendu par toute la famille

Importance de connaitre et comprendre le milieu social.

Entretien personnalisé avec le patient, bien lui faire comprendre que nous ne sommes pas des médicaux en blouse blanche mais des malades alcooliques soignés. Le vouvoiement est indispensable mais dès « que le patient accroche » à nos théories nous devons lui demander la permission du tutoiement (bienvenue au club).

Ne pas l’empêcher de consommer devant nous.

Réduire le temps d’attente d’admission dès lors que la motivation est forte.

 

« le  patient se prend en charge », il en découle :

 

Un problème à résoudre

Décide du changement

Approche coopérative

Le référent suggère, conseille, rassure, exprime de l’empathie

Aide le patient à comprendre la nécessité de soin

Facilite l’élaboration d’un projet

Le référent est conscient que l’abstinence est le seul moyen pour arriver au but : changer de vie

 

La dynamique a changé : « je vais vous aider mais c’est vous qui conduisez »

 

Les ingrédients de l’efficacité chez le consultant bénévole

Un consultant  ou un  référent est une personne malade alcoolique abstinente depuis des années, elle doit passer un entretien avec notre conseil d’administration (psychologue, médecins alcoologues, etc.) pour connaitre ses possibilités d’animer et d’aider un adhérent.

 

–      Connaissance de la maladie et de ses conséquences sociales

–      Disponibilité

–      Coopération

–      Implication

–      Directivité

–      Soutien