Inauguration des nouveaux locaux de Soif de Vie 47


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Après la si particulière et éprouvante période du confinement, les congés estivaux passés, Soif de Vie 47 a eu le bonheur d’inaugurer ses nouveaux locaux. Après quelques travaux d’aménagements, peinture et rangement faits par les bénévoles nous avons pu nous réunir le jeudi 27 août 2020 pour notre Conseil d’Administration suivi du Groupe de Parole et clôturé par une auberge espagnole dans notre jardin d’été !

Pour notre plus grand bonheur, nous comptions quatre nouveaux, et nous nous retrouvions à trente, entre les malades et les accompagnants. Nous formions le « nouveau groupe », sorti du confinement et plus déterminé et uni que jamais !

L’émotion a été palpable dans le cercle que nous avions formé ce soir-là ! Paul est venu s’asseoir parmi nous pour la toute première fois, et nous a confié l’enfer dans lequel il était enfermé depuis des mois et des années. Dépendant au cannabis, à l’héroïne et à l’alcool, il lutte sans merci et s’épuise, s’essouffle jusqu’à en avoir perdu l’espoir de sortir un jour de ce cercle vicieux. Et son fatalisme nous saisit au cœur lorsqu’il qu’il nous confie qu’il pense souvent « à en finir, pour que ça s’arrête enfin. »

Ludovic, qui se trouve à ses côtés, se reconnaît dans son témoignage et s’adresse immédiatement à lui, pour lui dire que lui aussi a vécu cette descente aux enfers, mais qu’un jour, alors qu’il se réveillait d’une nuit passée à boire, entouré des bouteilles et des verres qu’il avait vidés, il s’est dit « « Décide-toi ! », et qu’il a choisi la vie. Il a pris son téléphone et a appelé son médecin. Il devait attendre une semaine ou deux, mais le généraliste l’a rappelé dès le lendemain pour lui indiquer que le surlendemain, il avait une place en cure. Bien sûr, il a hésité. Il n’était pas prêt. Mais il a senti que c’était sa dernière chance. S’il avait dû attendre une semaine ou deux, sans doute n’aurait-il pas été là pour en témoigner. Depuis, Ludovic est abstinent, libéré, heureux. Il a pris cette décision il y a un an quasiment jour pour jour, et il parle à Paul avec émotion, en espérant qu’il entende : « Décide-toi ! Choisis la vie ! ».

Quand Ludovic a annoncé à sa sœur qu’il avait un problème et qu’il avait décidé de se soigner, elle lui a simplement répondu qu’elle l’aimait. Et il a fondu en larmes. Il ne croyait pas qu’on pouvait l’aimer, qu’elle pouvait l’aimer. Est-ce que Paul a pu sentir qu’on l’aimait ce soir-là ? C’est ce que chacun de nous espérait.

Un retour à la vie vécu par Gilles qui a rencontré Soif de Vie en 2017 alors qu’il n’en pouvait plus de cet alcool qui l’éloignait de sa famille et qui témoigne ce soir qu’une nouvelle vie est possible !

Les accompagnants étaient dans le cercle, avec nous, malades. Ils nous ont dit comme ils nous trouvaient courageux. Et chacun s’est souvenu de scènes vécues, et de ces mots qu’on a besoin de dire et d’entendre : « Je t’aime ».

L’espoir. C’est le mot qui a résonné à la suite de cette soirée inaugurale. Nous, malades de l’addiction, nous chutons, nous relevons, et rechutons parfois… souvent… longtemps… la chronicité de notre maladie entame et grignote peu à peu cet espoir de se libérer un jour, enfin, totalement. Mais la force du groupe Soif de Vie 47, ce jeudi 27 août, dans ce jardin tout juste rafraîchi et qu’il nous reste à cultiver tous ensemble, a été de faire naître ou renaître l’espoir dans le cœur de chacun. L’espoir de retrouver la liberté, de se retrouver soi, de retrouver la soif de vivre.